jeudi, 14 août 2008

Le Prince Charles annonce la "pire catastrophe écologique" avec les OGM

A écouter ce fervent croisé de l'écologie, le développement sur une grande échelle des organismes génétiquement modifiés (OGM) risque de déclencher la pire "catastrophe" environnementale jamais survenue dans le monde. "Dépendre de groupes gigantesques pour la production alimentaire plutôt que de petits fermiers ne peut déboucher que sur un désastre total", affirme le fils aîné d'Elizabeth II dans une interview publiée le 13 août. Le prince de Galles a choisi d'exprimer ses opinions au vitriol dans le Daily Telegraph, grand quotidien conservateur très lu dans les milieux économiques, en particulier agricoles. "Il ne s'agit pas de revenir en arrière mais de reconnaître que nous sommes du côté de la nature, pas contre elle", a-t-il expliqué.

Le monde politique a immédiatement réagi aux attaques du - probable - futur roi d'Angleterre. Faisant allusion au mouvement ouvrier du début du XIXe siècle qui détruisit les machines, accusées de provoquer le chômage, le député travailliste Des Turner, a traité l'intéressé de "luddite". Un autre parlementaire, Ian Gibson, ex-professeur de biologie, demande au prince de s'en tenir à son rôle royal plutôt que de faire de "fausses allégations".

ARBRES TRANSGÉNIQUES

Par ailleurs, ses détracteurs accusent le prince, à la tête d'un empire agroalimentaire bio, d'être juge et partie. Lancée en 1992, la marque Duchy Originals connaît un succès énorme dans les bonnes épiceries fines des grandes capitales. Tous les bénéfices de la vente de ces produits haut de gamme bio sont reversés à la fondation du prince de Galles, laquelle regroupe plusieurs oeuvres caritatives qu'il parraine.

La sortie de cet adepte de la monarchie militante est intervenue alors que la polémique sur les OGM fait à nouveau rage en Grande-Bretagne. Pour la première fois depuis 1999, des scientifiques ont demandé à la commission forestière l'autorisation de planter des arbres génétiquement modifiés dans le cadre d'une étude internationale sur les biocarburants. A écouter l'équipe de l'université de Southampton, l'application de la technologie au centre de cette investigation pourra aider à combattre les maladies des arbres et améliorer la qualité des bois. Estimant qu'il ne faut pas se détourner des OGM, le gouvernement Brown serait favorable à cette initiative.

"Ces arbres transgéniques peuvent polliniser des espèces sauvages, causant un grave préjudice à la biodiversité", insiste, en revanche, Claire Oxborrow, de l'organisation écologique Friends of the Earth (Les Amis de la Terre). Son Altesse Royale n'aurait pas dit mieux...


Marc Roche
Article paru dans l'édition du Monde du 15.08.08.

mardi, 13 mai 2008

La Vendée un bastion anti-OGM

La Vendée dit non aux OGM

LA ROCHE-SUR-YON (AFP) — Le Conseil général de Vendée, présidé par Philippe de Villiers (MPF), a proclamé mardi "sans OGM" le département, estimant que la loi devant être adoptée par le Parlement était "défaillante" car "elle ne nous protège pas".

Le président du Mouvement pour la France a présenté un plan "Vendée sans OGM", qui va "faire de la Vendée une zone-témoin sans OGM", "mettre en place un contrôle scientifique" et "lancer un programme d'aide en faveur de l'agriculture biologique", dont les surfaces devraient doubler en cinq ans.

Pour M. de Villiers, le projet de loi sur les OGM comporte des avancées mais "il est loin d'apporter toutes les garanties", notamment en "avalisant la culture OGM en plein champ".

La Vendée se présente comme "le premier département" à créer un label "sans OGM", qui "pourra être apposé sur tout produit chaque fois que son producteur le souhaitera" et qui sera délivré par "une commission de labellisation". Il lui permettra également de "demander à l'Etat d'exclure toute culture d'OGM, au nom de l'article L.642-5-1 du Code rural qui prévoit des mesures spéciales de sauvegarde +lorsque cela est nécessaire à la protection d'un signe d'identification de la qualité et de l'origine+".

Les agricultures se convertissant au "bio" recevront par ailleurs une aide du Conseil général de 12.400 euros/an, qui s'ajoute à celle de 7.600 euros accordée notamment par l'Etat. L'objectif est de compter, dans cinq ans, 23.000 hectares cultivés en "bio", contre 11.500 ha actuellement en Vendée, dont l'agriculture est très diversifiée (bovins, volaille, légumes et céréales).