jeudi, 19 juin 2008
Hubert Védrine : "l'intégration européenne n'est plus une voie d'avenir"
Le droit international est formel : un traité européen, qui est un traité international, ne peut être ratifié qu'à l'unanimité des Etats membres, sauf si tous les Etats membres ont décidé antérieurement, à l'unanimité, que ce traité pourrait être ratifié à la majorité, ce qui n'est pas le cas pour le traité de Lisbonne, pas plus que pour les traités européens antérieurs.
Toutes les lamentations ne changeront rien à cette réalité. Inutile donc de déplorer que 4 millions d'Irlandais – 800 000 électeurs – puissent "bloquer" 450 millions d'Européens. Tout le monde sait que s'il y avait eu des référendums partout, le non l'aurait emporté dans plusieurs pays. Le désaccord entre les élites et la population est désormais flagrant. Cet épisode est le énième soubresaut, après ceux de 2005, de la fuite en avant intégrationniste et européiste d'après Nice.
La poursuite de la ratification par les huit autres est bien sûr possible mais ne change pas cette réalité. Une renégociation à vingt-sept est inenvisageable, et aboutirait de toute façon aux mêmes résultats. La renégociation d'un traité de Lisbonne à vingt-six apparaîtrait comme une manipulation de la démocratie, alors que la démocratie représentative est déjà attaquée. Elle n'aura pas lieu. Les élites européennes ne peuvent pas prêcher l'état de droit dans le monde et s'en affranchir chez eux. Le "noyau dur" sera à nouveau évoqué ici et là mais ne se concrétisera pas.
Quels pays en feraient partie ? Pour faire quoi ? En passant outre aux oppositions des exclus de ce noyau dur ? En faisant ratifier comment cette création ? Cela ne se fera pas. Seule hypothèse : des améliorations limitées, point par point et sans emphase, des traités existants, par exemple, sur la présidence durable, à condition qu'elles soient ratifiables partout par la voie parlementaire. Seule solution, donc : que les Irlandais revotent un jour, si leurs dirigeants et les autres dirigeants européens estiment possible de prendre ce risque.
Dans ce cas-là, et si les Irlandais votent oui, l'Union passera, avec retard, du traité de Nice à celui de Lisbonne. Sinon, elle continuera à fonctionner dans le cadre de Nice. Il est temps d'admettre que l'intégration politique globale (au sens fédéraliste) de l'Union à vingt-sept n'ira pas plus loin que Nice (ou Lisbonne, si les Irlandais revotent, et votent oui). Et pourtant, l'Union a besoin d'agir et de lancer de nouvelles politiques. Comment ?
LA NON-RATIFICATION DU TRAITÉ DE LISBONNE NE DOIT PAS ÊTRE UNE EXCUSE POUR NE PLUS RIEN FAIRE
Il faudra distinguer clairement intégration (les peuples se fondent et s'en remettent à l'Europe) et construction (les peuples mettent en commun leur volonté d'agir ensemble). L'intégration a été longtemps présentée comme la seule voie légitime, mais ce n'est plus une voie d'avenir : dès que les peuples en ont l'occasion, ils votent contre. En revanche, il n'y a pas d'opposition aux politiques communes et aux projets.
Est-ce tragique ? Depuis une dizaine d'années, on a exagéré le rôle et la portée des traités et des institutions, comme si tout en dépendait de façon magique. On a créé des attentes énormes qui se sont muées en inquiétude. Le paroxysme a été atteint avec le projet de Constitution. Il faut changer de méthode. La non-ratification, à ce stade, du traité de Lisbonne, est regrettable. Mais elle ne doit pas être une excuse pour ne plus rien faire, au contraire.
Après tout, quel traité était en vigueur quand a été conçu le traité de Rome ? Aucun. Et est-ce grâce à des traités que Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand, Jacques Delors et Helmut Kohl ont fait ce qu'ils ont fait ? Non, par volonté politique, la présidence française devait de toute façon se dérouler – avec ses avancées annoncées – sous l'empire du traité de Nice.
Ce ne sont pas les insuffisances des traités qui empêchent l'adoption d'une politique commune de l'énergie, mais les désaccords de fond sur la Russie, le nucléaire, la séparation entre production et distribution. En matière internationale (que faire au Proche-Orient? sur l'Iran? la Chine ? etc.), de toute façon, les décisions restaient à l'unanimité. Sur l'écologie, la recherche, l'Europe de la défense aussi, cela dépend d'abord de la volonté des gouvernements. Je ne pense pas qu'il faille réagir au non irlandais par des bricolages institutionnels. Ni par une fuite en avant dans "l'Europe politique", "sociale" ou "des citoyens" mal définie.
En tout cas, pas dans la situation actuelle. Cela réveillerait attentes impossibles à satisfaire, illusions bientôt perdues, désaccords de procédure et de fond et créerait plus de problèmes que cela n'en réglerait en mélangeant encore plus ce qui relève des Etats membres et ce qui relève du niveau européen. La confusion serait totale.
Ce qu'il faut, c'est l'affirmation d'une forte volonté commune des Vingt-Sept autour d'une priorité : défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l'UE un pôle régulateur de la mondialisation sauvage. Ce qui peut se décliner : politique commune de l'énergie, de l'environnement et de la recherche, propositions de régulation financière et de réforme des institutions internationales (nouvelles positions dans l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire internationnal, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, etc.), stratégie à long terme vis-à-vis des pays émergents, etc. Cela doit être expliqué et se voir.
Le moment est opportun : il y a partout, même aux Etats-Unis, une acceptation nouvelle, voire un désir nouveau, de règles. Tout cela peut et doit être entrepris sans attendre un meilleur traité.
Europe : "Il est urgent d'éviter de nouveaux bricolages institutionnels"
Hubert Védrine Ancien ministre des affaires étrangères
14:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, non irlandais, peuple, védrine, de villiers, philippe de villiers, traité de lisbonne
mercredi, 21 mai 2008
Le réveil politique de Philippe de Villiers (MPF) va bientôt sonner
Face à des cadres de son parti réunis samedi en bureau politique, pour la première fois depuis des mois, M. de Villiers, quasi-silencieux au plan national depuis la présidentielle, a fixé la stratégie pour les années à venir, mettant l'Europe au coeur de son discours.
"C'est le sujet qui commande tous les autres", selon M. de Villiers. A cause de la construction européenne, "le pouvoir n'a plus le pouvoir, le pouvoir ne peut rien faire", estime le président du conseil général de Vendée.
M. de Villiers veut présenter des listes MPF aux élections européennes dans chacune des circonscriptions électorales, en les présentant comme les "autres listes de la majorité": avec la majorité sarkozyste, sauf sur la question européenne.
"Mes rapports avec Sarkozy et Fillon ne sont pas du tout mauvais sur le plan humain", mais "je ne peux pas accepter le traité de Lisbonne" négocié par Nicolas Sarkozy pour remplacer la défunte Constitution européenne, explique à l'AFP M. de Villiers.
"Il faut revenir sur les abandons de souveraineté" consentis dans ce traité, et "le moment pour en parler, c'est la présidence française de l'Union européenne".
Si sur les européennes, M. de Villiers veut voler de ses propres ailes, il envisage des alliances avec l'UMP pour les régionales de 2010... sous réserve de compatibilité idéologique: "Il n'est pas impossible que si Roselyne Bachelot menait la liste UMP dans les Pays-de-la-Loire, je sois amené" à prendre la tête d'une liste concurrente, souligne-t-il ainsi.
Le président du MPF a remanié l'organigramme de son parti pour cette nouvelle feuille de route.
Fini l'esprit commando de la dernière campagne présidentielle, ou son bras droit Guillaume Peltier concentrait les responsabilités avec quelques proches.
L'éventail des cadres dirigeants doit être élargi, M. Peltier restant responsable des élections européennes et porte-parole de Philippe de Villiers, mais laissant le secrétariat général du parti au député européen Patrick Louis, et confiant des vice-présidences thématiques à chacun des parlementaires de son parti.
12:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : villiers, de villiers, politique, france, europe, européennes, régionales
samedi, 18 août 2007
Sarkozy PUY DU FOU au programme le 31 aout ?
M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, répondra-t-il à l'invitation de M. Philippe de VILLIERS, Président du Conseil Général de la Vendée, en se rendant au Puy du Fou l'année de ses trente ans d'existence et de l'accueil de son 10 000 000 ème spectateur ? La question est sur de nombreuses lèvres et fait couler autant d'encre et que de salive...
Mais pour l'instant...c'est un peu une réponse de normand.
Et la rumeur court toujours !!
Question d'agenda, de tempo politique et de sécurité aussi sans doute.
Et comme le fait remarquer " rj " dans son commentaire, et on devra s'y habituer à l'avenir : de Cécilia aussi !
Eh oui, Régence oblige ! C'est l'éternel retour aux sources...
Au XiXème siècle, l'homme domine la femme.
Au XXème siècle, l'homme et la femme sont égaux.
Au XXIème siècle, la femme domine l'homme.
Etc..etc...
19:15 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, puy du fou, vendee, france, de villiers


