mardi, 22 juillet 2008
La pertinence de la foi selon Tony Blair
Je fréquentais alors un petit groupe d'étudiants très peu conventionnels. Il y avait notamment Peter Thomson, un étudiant australien en théologie, prêtre anglican, un peu plus âgé que nous, charismatique, drôle, percutant ; Geoff Gallop, un autre Australien, qui deviendra plus tard premier ministre de l'Australie de l'Ouest ; un Ougandais, un Indien... Des jeunes gens profonds, joyeux, de provenances ethniques et religieuses variées, avec qui j'avais des discussions nocturnes passionnées sur la nature de l'homme, l'organisation de la société, le destin, la responsabilité, l'engagement, la religion.
On voulait changer le monde, bien sûr ! Et le concept de "communauté" m'apparaissait essentiel. Je pensais profondément qu'on ne devait pas se contenter de vivre pour soi-même, mais qu'il fallait le faire pour et à travers les autres. Que la réalisation individuelle reposait sur le partenariat et la solidarité avec les autres. Qu'une société n'avait de cohésion que si l'on acceptait l'autre comme une part de soi-même. Le pont entre la religion et la politique était pour moi évident. A l'époque, les années 1970, ce type de réflexion n'était pas dans le vent qui voulait qu'on soit radical, voire révolutionnaire. Je n'ai pas suivi le cursus classique. Ce qui ne m'empêchait pas de jouer de la guitare dans un groupe de rock.
Je voulais mieux connaître les religions et j'ai pris des cours d'instruction religieuse auprès de l'aumônier du collège, avant d'être officiellement reçu dans l'Eglise d'Angleterre à la chapelle de Saint John. Cette cérémonie de confirmation se fait normalement à un très jeune âge, mais j'y tenais, et mes proches, notamment mes copains rockers, ont été soufflés que je lui accorde de l'importance alors que j'avais déjà 20 ans. C'était un vrai choix. Et la religion devenait le canevas sur lequel se fondait ma pensée politique.
Cherie, elle, venait d'une famille très catholique et s'était tôt engagée dans des mouvements de jeunes chrétiens. Elle n'a pas tort de dire aujourd'hui que c'est notre foi commune ainsi que nos multiples discussions sur Dieu qui nous ont réunis. D'autant que nous partagions l'idée que la foi n'entravait pas, loin s'en faut, la vie des jeunes gens modernes et n'avait rien à voir avec l'ennui ou le puritanisme ! Il était donc naturel que nous élevions nos enfants dans la religion - Cherie souhaitait que ce soit dans le catholicisme - et que la messe du dimanche soit une affaire de famille.
C'est en arrivant à Oxford, dans les années 1970, que j'ai redécouvert la foi. Je n'étais guère religieux auparavant. Mon père était athée. Et s'il arrivait à ma mère de nous emmener le dimanche à l'église, je n'ai pas reçu de véritable éducation religieuse. Disons le minimum. La Chorister School, que j'ai fréquentée dès l'âge de 8 ans, était adossée à la cathédrale de Durham et les élèves se rendaient aux offices, mais c'était loin d'être un élément essentiel de ma vie. Il a donc fallu que j'attende d'être étudiant au Saint John's College pour que s'éveille un fort attrait pour la religion, en même temps d'ailleurs que pour la politique. Un intérêt qui n'a cessé de croître, y compris lorsque je suis devenu premier ministre.
Si j'ai choisi, il y a quelques mois, de devenir à mon tour catholique, ce n'est pas une marque de défiance à l'égard de l'Eglise d'Angleterre, mais pour partager, très naturellement, la religion de ma famille. J'ai attendu d'avoir quitté le gouvernement. Je n'ose imaginer le vacarme inutile que ce geste aurait suscité si je l'avais fait en étant à Downing Street ! Pour un leader politique britannique, parler de sa foi est toujours suspect, et même très mal vu. Dans mon cas personnel en tout cas, j'ai trouvé cela difficile. Et cela me révolte. Ce n'est tout de même pas quelque chose dont on devrait avoir honte ! C'est un pôle essentiel de notre vie et l'on devrait pouvoir en parler simplement sans que cela soit jugé ridicule ou réactionnaire, et sans donner l'impression de remettre en question les fondements d'un Etat laïque. Cela fournirait d'ailleurs aux électeurs des clés pour mieux comprendre le caractère et la motivation de leurs leaders.
Comment imaginer en effet que leur foi n'affecte pas leur action politique ? C'est impossible ! Ma foi est le point d'ancrage de mes convictions, elle fonde les valeurs auxquelles je me réfère, elle forge ma vision de l'humanité. Mon engagement pour l'Afrique ou mes positions sur le problème du changement de climat en sont clairement le reflet.
En revanche, qu'on n'essaie pas de décrypter l'ensemble de mes décisions quotidiennes par le prisme de la religion ! Ce serait absurde. Je n'interrogeais pas Dieu en permanence ! Ma défense résolue de la recherche sur les cellules souches témoigne de ma liberté. J'essayais de me fier simplement à ce que je croyais juste, progressiste et responsable. Comme ce fut le cas pour notre engagement dans la guerre en Afghanistan et en Irak. Prétendre que la complicité sur ces dossiers avec George Bush s'est nouée sur le terrain du religieux serait grotesque. Venant de cultures et d'horizons très différents, nous partagions simplement la même analyse des menaces pesant sur le monde de l'après-11-Septembre et la même volonté de régler les problèmes. Rien à voir avec une quelconque "croisade" ! S'attaquer à Al-Qaida n'est pas faire la guerre à l'islam.
Je n'ai d'ailleurs pas attendu le 11 septembre 2001 et la peur soudaine d'un clash de civilisations entre chrétiens et musulmans pour lire le Coran. Encore moins pour prendre conscience de l'importance cruciale de la question religieuse. La pensée des Lumières a voulu nous faire croire que le progrès irrésistible de l'humanité était synonyme d'extinction des religions, dont nous n'aurions plus besoin ; que Dieu était condamné. Quelle erreur ! Une étude récente Gallup montre qu'à la question : "La religion est-elle importante dans votre vie", 90 % à 96 % des interrogés dans les pays musulmans répondent "oui". Ce taux tourne autour de 70 % aux Etats-Unis, de 36 % au Royaume-Uni, ce qui demeure très élevé. Comment ignorer cet élément fondamental dans la vie de milliards de gens ?
Alors je fais un rêve. Je rêve que l'on réalise que, loin d'être une relique de l'histoire, la foi peut jouer un rôle salvateur dans un monde chaque jour plus interdépendant. Je rêve que la religion humanise, donne du sens, des valeurs, une dimension spirituelle à une globalisation chaotique qui fait perdre aux peuples leurs identités et repères. Je rêve qu'au lieu de se craindre, de se défier, de se combattre, les croyants des diverses religions apprennent à dialoguer, se respecter et travailler ensemble pour le bien commun. Qu'ils tournent le dos à l'extrémisme et à l'obscurantisme, qui va jusqu'à nier la science, pour mieux retrouver leurs racines et valeurs communes - respect, justice, compassion -, et qu'ils transforment la foi en force de progrès.
Le monde change à une vitesse phénoménale. La globalisation n'est pas seulement économique, politique, idéologique ; elle entraîne aussi des migrations massives, déplace vers l'Asie le centre de gravité de la planète, embarque dans un même mouvement sismique peuples, cultures, nations, sans la moindre boussole. De ce monde tourneboulé peuvent naître conflits et divisions catastrophiques. Mais je mise sur la foi, convaincu qu'elle peut servir de guide, de fédérateur et de moteur pour le futur.
La Tony Blair Faith Foundation, que je viens de lancer, n'aura de cesse de favoriser la rencontre des six grandes religions et de les inciter à résoudre ensemble des problèmes plutôt qu'à en créer. S'attaquer au fléau de la malaria qui tue chaque année un million de personnes peut être un formidable exemple de travail en commun. Vous imaginez l'efficacité d'une chaîne constituée par les mosquées, temples, églises, éparpillés dans les coins les plus reculés d'Afrique, pour distribuer les moustiquaires prophylactiques qui épargneraient tant de morts ? Ce serait la foi en action !
Nous allons provoquer le dialogue, la connaissance et la reconnaissance des religions entre elles. Et je donnerai moi-même des cours à l'université Yale pour sensibiliser les futurs acteurs économiques et politiques de la globalisation à la question religieuse. On ne peut pas prétendre gouverner le monde sans comprendre ce qui touche profondément les peuples et correspond à leur irrépressible aspiration à une spiritualité.
Le XXe siècle fut celui des idéologies erratiques. Je rêve que le XXIe soit celui de la coexistence pacifique des religions et d'une reconnaissance de la pertinence et de la modernité de la foi. C'est une tâche à laquelle je me consacrerai jusqu'à la fin de ma vie.
Tony Blair, ancien 1er Ministre britannique
Article paru dans l'édition du MONDE DU 22.07.08.
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mardi, 17 juin 2008
Emmanuel DELMAS, futur évêque s'adresse à ses diocèsains d'Angers
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L’ordination épiscopale,
Mgr d’ORNELLAS, dimanche 28 septembre à 15h
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| Message aux catholiques du diocèse d'Angers. A l'heure de l'annonce officielle de ma nomination d'évêque d'Angers, je veux exprimer ma joie de servir ce beau diocèse qui devient désormais mon diocèse. Et j'en suis très fier. Je mettrai le meilleur de moi-même pour apprendre à le connaître et entrer dans son histoire. Je pense tout spécialement à cette page récente que vous venez d'écrire lors du synode qui s'est clôturé il y a quelques mois. Je veux vous dire que j'ai pu prendre connaissance de la charte synodale que Monseigneur Bruguès a promulguée en la solennité de la Toussaint 2007. C'est une chance pour un nouvel évêque que d'arriver dans un diocèse « en marche ». Je ferai de mon mieux pour mettre en œuvre, en communion avec vous, chacun des principes de la charte et pour me réjouir des fruits que veut nous offrir l'Esprit Saint qui accompagne depuis le début cet événement auquel vous avez participé. Entrer dans l'histoire d'un diocèse, c'est aussi communier à ses épreuves. Et je veux aujourd'hui m'unir dans la prière à la peine de l'Eglise qui vient de perdre l'un de ses jeunes prêtres : le Père Antoine Dubois. C'est à sa famille que je pense tout particulièrement. Je crois important pour moi de découvrir ce que fut l'apostolat de ce jeune frère dans le sacerdoce et d'être le témoin de la fécondité de son ministère. Qu'il me soit permis de vous dire quelques mots sur les sentiments qui m'habitent ces jours-ci. Je veux que vous sachiez que je viens vers vous avec une très grande confiance. Je sais que je serai très bien accueilli et je veux vous dire dès aujourd'hui un grand Merci. Je viens avec une grande confiance parce que je crois que c'est le Seigneur qui m'envoie vers vous. J'ai voulu méditer, lorsque j'ai appris la nouvelle de ma nomination, les grands récits de vocation dans la Bible. Et je me suis senti plus fort en « revêtant » cette simplicité et cette confiance qui habitaient la vie de ces envoyés de Dieu. Vous m'apprendrez à devenir votre évêque tant je suis persuadé que ce sont ceux vers qui nous sommes envoyés qui révèlent en chacun de nous la vie de Dieu que nous avons reçue. Dès la semaine prochaine je viendrai à Angers pour rencontrer les prêtres, prier avec eux dans la cathédrale Saint Maurice. En juillet est organisé un pèlerinage pour les jeunes à Lourdes et je compte aller à leur rencontre. De même, j'espère pouvoir faire connaissance avec les jeunes qui se rassembleront à Pontmain au moment des J.M.J. Le diocèse de Cahors dont je suis originaire a reçu comme évêque, voilà quarante ans, Monseigneur André Bréheret, originaire d'Angers. Nombreux sont les prêtres qui l'ont connu.Je tiens à évoquer son souvenir avec beaucoup de reconnaissance. J'appelle la bénédiction de Dieu sur cette belle Eglise d'Anjou. Emmanuel Delmas | |
16:28 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emmanuel delmas, eveque angers, nouvel eveque, anjou, église, catholique
vendredi, 02 mai 2008
Touche pas à mon dimanche, le dimanche c'est sacré !
Le dimanche est un jour chômé mais pour combien de temps encore ?
Alors dites que vous soutenez le maintien du repos dominical en signant la pétition sur le site :
http://www.ledimanchecsacre.com
On n'a tous une bonne raison de ne pas travailler le dimanche !
15:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : travail, dimanche, église, jour du seigneur, fete de famille, famille



