dimanche, 27 septembre 2009

Charles MARTEL : Francis HUSTER, artiste français, polémique avec l'islamiste suisse Tarik RAMADAN

mardi, 07 juillet 2009

Benoît signe sa 3ème encyclique sociale, la mondialisation en toile de fond

La mondialisation peut être une chance pour l'humanité, à condition qu'elle s'exerce selon les valeurs chrétiennes de justice, de charité et de vérité, et qu'elle soit encadrée par une "autorité politique" repensée. Tel est le message contenu dans l'encyclique sociale de Benoît XVI, Caritas in veritate (l'amour dans la vérité), la troisième de son pontificat, rendue publique mardi 7 juillet. (Le texte intégral de l'encyclique sur le site de la Conférence des évêques de France).

jeudi, 02 avril 2009

Visitez le Saint Sépulcre d'Angers le temps d'un parcours spectacle !

Visite du Saint-Sépulcre : 4e Edition

Sur les pas de Jésus

du jardin de Gethsémani au Golgotha

 

4e EDITION

PAQUES 2009

 

Venez découvrir un lieu insolite...

de manière insolite.

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Visites

Samedi 11 avril de 11h à 18h

Dimanche 12 avril de 15h à 22h

Lundi 13 avril de 11h à 18h

 

Représentations

tous les jours à 15h, 16h et 17h

 

(A noter : pas de représentation le dimanche de Pâques à 17h)

 

Durée de l'animation : 20-25 min environ

Visite libre après l'animation

 

Entrée libre - Libre participation

 

mardi, 23 septembre 2008

Mettre Dieu dans sa vie...Why not ?

Ça n'a pas pour but de faire  rire, ce n'est pas drôle, son but est de faire réfléchir.






Une simple jeune fille a été interviewée dans un talk-show télévisé et l'animatrice lui a demandé :

Comment Dieu a pu laisser une telle horreur se produire ?

(Les événements du 11 septembre).






Cette jeune fille a donné une réponse aussi profonde que  perspicace.






"Je crois que Dieu a été profondément attristé par tout ça, au moins autant que nous, mais depuis des années nous lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de nos  gouvernements et de sortir de nos vies.






En tant que  "gentleman",

il s'est calmement retiré. Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donnera sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu'il nous laisse seul ? ".






Puis un autre a dit que nous ne devrions pas lire la Bible à  l'école, la même Bible qui enseigne "tu ne tueras point, tu ne voleras point, et aime-toi toi-même".




Maintenant, nous nous demandons pourquoi nos enfants n'ont pas de conscience, pourquoi ils ne font pas la différence entre le bien et le mal, et pourquoi ils peuvent sans émotions tuer un étranger, un parent ou eux-mêmes.






Probablement qu'à force de profondes réflexions,

nous en viendrons à la conclusion que

ça a à voir avec le principe de "récolter ce qu'on a semé"






C'est drôle de voir à quel point il est simple pour les gens de jeter Dieu et se demander ensuite pourquoi leur monde devient un enfer à quel point nous croyons tout ce que les journaux disent et remettons en question tout ce que la Bible dit.






C'est drôle de voir que nous pouvons envoyer des "farces" ou des chaînes en tous genre

par courriel qui se répandent comme un feu de paille

mais

lorsqu'on  envoie

des messages à propos de Dieu,

les gens y pensent à deux fois avant de les partager.






Est-ce que vous riez ?

 

C'est drôle de voir que quand vous allez partager ce courriel,vous ne l'enverrez probablement pas à beaucoup de gens de votre carnet d'adresses parce que vous ne savez pas en quoi ils croient ou ce qu'ils penseront de vous.






C'est drôle de voir que nous nous préoccupons plus de ce que les gens pensent de nous que de ce que Dieu pense de nous.






Partagez ce message si vous croyez qu'il en vaut la peine,  sinon, jetez-le, personne ne le saura ! Mais si vous jetez ce processus  de réflexion, ne vous plaignez pas du mauvais état du monde dans lequel nous vivons !



mercredi, 17 septembre 2008

Monde de la Culture : Discours de Benoît XVI aux Bernardins

Discours de Benoît XVI au monde de la culture

Rencontre avec le monde de la culture Discours du pape Benoît XVI au collège des Bernardins, le
Vendredi 12 septembre
Monsieur le Cardinal,
Madame le Ministre de la Culture,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Chancelier de l'Institut,
Chers amis,
Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos aimables paroles. Nous nous trouvons dans un lieu historique,
lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre prédécesseur, le regretté Cardinal
Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les
courants culturels intellectuels et artistiques de votre société. Je salue particulièrement Madame le
Ministre de la Culture qui représente le gouvernement, ainsi que Messieurs Giscard d'Estaing et
Chirac. J'adresse également mes salutations aux ministres présents, aux représentants de l'UNESCO,
à Monsieur le Maire de Paris et à toutes les autorités. Je ne veux pas oublier mes collègues de
l'Institut de France qui savent ma considération et je désire remercier le Prince de Broglie de ses
paroles cordiales. Nous nous reverrons demain matin. Je remercie les délégués de la communauté
musulmane française d'avoir accepté de participer à cette rencontre ; je leur adresse mes vœux les
meilleurs en ce temps du ramadan. Mes salutations chaleureuses vont maintenant tout naturellement
vers l'ensemble du monde multiforme de la culture que vous représentez si dignement, chers invités.
J'aimerais vous parler ce soir des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture
européenne. J'ai mentionné en ouverture que le lieu où nous nous trouvons était emblématique. Il est
lié à la culture monastique. De jeunes moines ont ici vécu pour s'initier profondément à leur vocation
et pour bien vivre leur mission. Ce lieu, évoque-t-il pour nous encore quelque chose ou n'y
rencontrons-nous qu'un monde désormais révolu ? Pour pouvoir répondre, nous devons réfléchir un
instant sur la nature même du monachisme occidental. De quoi s'agissait-il alors ? En considérant les
fruits historiques du monachisme, nous pouvons dire qu'au cours de la grande fracture culturelle,
provoquée par la migration des peuples et par la formation des nouveaux ordres étatiques, les
monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l'antique culture et où, en puisant à ces
derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s'est-il passé ? Quelle était la
motivation des personnes qui se réunissaient en ces lieux ? Quelles étaient leurs désirs ? Comment
ont-elles vécu ?
Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n'était pas de créer
une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus
simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps
où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s'appliquer à trouver ce
qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu.
Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment
important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l'« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être
compris au sens chronologique du terme - comme s'ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde
ou vers leur propre mort - mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif.
Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s'agissait pas d'une aventure dans un désert sans
chemin, d'une recherche dans l'obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux,
il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans
les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc,
intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et
grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l'une de l'autre (cf. L'amour des lettres
et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l'amour des lettres, l'amour de la parole, son
exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers
nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans
sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences
profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque
faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l'école. Ces deux lieux ouvraient
concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola,
une école du service du Seigneur. L'école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et
l'eruditio, sur la base de laquelle l'homme apprend à percevoir au milieu des paroles, la Parole.
Pour avoir une vision d'ensemble de cette culture de la parole liée à la recherche de Dieu, nous
devons faire un pas supplémentaire. La Parole qui ouvre le chemin de la recherche de Dieu et qui est
elle-même ce chemin, est une Parole qui donne naissance à une communauté. Elle remue certes
jusqu'au fond d'elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela
comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous
rendre attentifs à Dieu (cf. Leclercq, ibid., p. 35). Mais elle nous rend aussi attentifs les uns aux autres.
La Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d'une mystique individuelle, mais elle nous introduit
dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C'est pourquoi il faut non seulement
réfléchir sur la Parole, mais également la lire de façon juste. Tout comme à l'école rabbinique, chez
les moines, la lecture accomplie par l'un d'eux est également un acte corporel. « Le plus souvent,
quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant
et l'écriture, occupe tout le corps et tout l'esprit », dit à ce propos Dom Leclercq (ibid., p. 21).
Il y a encore un autre pas à faire. La Parole de Dieu elle-même nous introduit dans un dialogue avec
Lui. Le Dieu qui parle dans la Bible nous enseigne comment nous pouvons Lui parler. En particulier,
dans le Livre des Psaumes, il nous donne les mots avec lesquelles nous pouvons nous adresser à
Lui. Dans ce dialogue, nous Lui présentons notre vie, avec ses hauts et ses bas, et nous la
transformons en un mouvement vers Lui. Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des
instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux.
Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est
nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les
lèvres des Anges : le Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus,
et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l'acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité
immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et
à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : «
Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l'homme racheté aux
mystères qu'il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les
symboles christologiques des divers tons du chant » (cf. ibid., p. 229).
Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume :
Coram angelis psallam Tibi, Domine - en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138,
1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de
toute la cour céleste, et donc d'être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s'unir à la
musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l'harmonie du cosmos, de
la musique des sphères. À partir de là, on peut comprendre la sévérité d'une méditation de saint
Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint
Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n'était en rien un incident
secondaire. Il qualifie la cacophonie d'un chant mal exécuté comme une chute dans la regio
dissimilitudinis, dans la 'région de la dissimilitude'. Saint Augustin avait tiré cette expression de la
philosophie platonicienne pour caractériser l'état de son âme avant sa conversion (cf. Confessions,
VII, 10.16) : l'homme qui est créé à l'image de Dieu tombe, en conséquence de son abandon de Dieu,
dans la 'région de la dissimilitude', dans un éloignement de Dieu où il ne Le reflète plus et où il devient
ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d'homme. Saint Bernard se
montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l'homme loin
de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend
la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l'être et que les moines,
par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée,
à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec
les mots qu'Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. Ce n'était pas là l'œuvre
d'une « créativité » personnelle où l'individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son
propre moi, s'érige un monument à lui-même. Il s'agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les
« oreilles du cœur » les lois constitutives de l'harmonie musicale de la création, les formes
essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l'homme, et d'inventer une
musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l'homme et qui proclame
hautement cette dignité.
Enfin, pour s'efforcer de saisir cette culture monastique occidentale de la parole, qui s'est développée
à partir de la quête intérieure de Dieu, il faut au moins faire une brève allusion à la particularité du
Livre ou des Livres par lesquels cette Parole est parvenue jusqu'aux moines. Vue sous un aspect
purement historique ou littéraire, la Bible n'est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires
dont la rédaction s'étend sur plus d'un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement
repérables comme constituant un corpus unifié. Au contraire, des tensions visibles existent entre eux.
C'est déjà le cas dans la Bible d'Israël, que nous, chrétiens, appelons l'Ancien Testament. Ça l'est
plus encore quand nous, chrétiens, lions le Nouveau Testament et ses écrits à la Bible d'Israël en
l'interprétant comme chemin vers le Christ. Avec raison, dans le Nouveau Testament, la Bible n'est
pas de façon habituelle appelée « l'Écriture » mais « les Écritures » qui, cependant, seront ensuite
considérées dans leur ensemble comme l'unique Parole de Dieu qui nous est adressée. Ce pluriel
souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine,
à travers des paroles humaines, c'est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l'humanité des
hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire. Cela signifie, ensuite, que l'aspect divin de la
Parole et des paroles n'est pas immédiatement perceptible. Pour le dire de façon moderne : l'unité des
livres bibliques et le caractère divin de leurs paroles ne sont pas saisissables d'un point de vue
purement historique. L'élément historique se présente dans le multiple et l'humain. Ce qui explique la
formulation d'un distique médiéval qui, à première vue, apparaît déconcertant : Littera gesta docet -
quid credas allegoria...(cf. Augustin de Dacie, Rotulus pugillaris, I). La lettre enseigne les faits ;
l'allégorie ce qu'il faut croire, c'est-à-dire l'interprétation christologique et pneumatique.
Nous pouvons exprimer tout cela d'une manière plus simple : l'Écriture a besoin de l'interprétation, et
elle a besoin de la communauté où elle s'est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son
unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout. Dit sous une autre forme : il existe des dimensions
du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette
Parole qui crée l'histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n'est
pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité. C'est pourquoi
le « Catéchisme de l'Église catholique » peut affirmer avec raison que le christianisme n'est pas au
sens classique seulement une religion du livre (cf. n. 108). Le christianisme perçoit dans les paroles la
Parole, le Logos lui-même, qui déploie son mystère à travers cette multiplicité. Cette structure
particulière de la Bible est un défi toujours nouveau posé à chaque génération. Selon sa nature, elle
exclut tout ce qu'on appelle aujourd'hui « fondamentalisme ». La Parole de Dieu, en effet, n'est jamais
simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l'atteindre, il faut un dépassement et un
processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l'ensemble des textes
et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n'est que dans l'unité dynamique de
leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu'un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans
le monde se révèlent dans la parole et dans l'histoire humaines. 
Le caractère crucial de ce thème est éclairé par les écrits de saint Paul. Il a exprimé de manière
radicale ce que signifie le dépassement de la lettre et sa compréhension holistique, dans la phrase : «
La lettre tue, mais l'Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Et encore : « Là où est l'Esprit..., là est la liberté »
(2 Co 3, 17). Toutefois, la grandeur et l'ampleur de cette perception de la Parole biblique ne peut se
comprendre que si l'on écoute saint Paul jusqu'au bout, en apprenant que cet Esprit libérateur a un
nom et que, de ce fait, la liberté a une mesure intérieure : « Le Seigneur, c'est l'Esprit, et là où l'Esprit
du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17). L'Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire
à l'idée ou à la vision personnelle de celui qui interprète. L'Esprit est Christ, et le Christ est le Seigneur
qui nous montre le chemin. Avec cette parole sur l'Esprit et sur la liberté, un vaste horizon s'ouvre,
mais en même temps, une limite claire est mise à l'arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige
fortement l'individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte :
le lien de l'intelligence et de l'amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du
problème littéraire de l'interprétation de l'Écriture, a déterminé aussi la pensée et l'œuvre du
monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à
notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d'un côté, l'arbitraire subjectif, de
l'autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d'aujourd'hui comprenait désormais la
liberté comme l'absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et
l'arbitraire. L'absence de liens et l'arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.
En considérant « l'école du service du Seigneur » - comme Benoît appelait le monachisme -, nous
avons jusque là porté notre attention prioritairement sur son orientation vers la parole, vers l'« ora ».
Et, de fait, c'est à partir de là que se détermine l'ensemble de la vie monastique. Mais notre réflexion
resterait incomplète, si nous ne fixions pas aussi notre regard, au moins brièvement, sur la deuxième
composante du monachisme, désignée par le terme « labora ». Dans le monde grec, le travail
physique était considéré comme l'œuvre des esclaves. Le sage, l'homme vraiment libre, se consacrait
uniquement aux choses de l'esprit ; il abandonnait le travail physique, considéré comme une réalité
inférieure, à ces hommes qui n'étaient pas supposés atteindre cette existence supérieure, celle de
l'esprit. La tradition juive était très différente : tous les grands rabbins exerçaient parallèlement un
métier artisanal. Paul, comme rabbi puis comme héraut de l'Évangile aux Gentils, était un fabricant de
tentes et il gagnait sa vie par le travail de ses mains. Il n'était pas une exception, mais il se situait dans
la tradition commune du rabbinisme. Le monachisme chrétien a accueilli cette tradition : le travail
manuel en est un élément constitutif. Dans sa Regula, Benoît ne parle pas au sens strict de l'école,
même si l'enseignement et l'apprentissage - comme nous l'avons vu - étaient acquis dans les faits ; en
revanche, il parle explicitement du travail (cf. chap. 48). Augustin avait fait de même en consacrant au
travail des moines un livre particulier. Les chrétiens, s'inscrivant dans la tradition pratiquée depuis
longtemps par le judaïsme, devaient, en outre, se sentir interpelés par la parole de Jésus dans
l'Évangile de Jean, où il défendait son action le jour du shabbat : « Mon Père (...) est toujours à
l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre » (5, 17). Le monde gréco-romain ne connaissait aucun Dieu
Créateur. La divinité suprême selon leur vision ne pouvait pas, pour ainsi dire, se salir les mains par la
création de la matière. « L'ordonnancement » du monde était le fait du démiurge, une divinité
subordonnée. Le Dieu de la Bible est bien différent : Lui, l'Un, le Dieu vivant et vrai, est également le
Créateur. Dieu travaille, Il continue d'œuvrer dans et sur l'histoire des hommes. Et dans le Christ, Il
entre comme Personne dans l'enfantement laborieux de l'histoire. « Mon Père est toujours à l'œuvre
et moi aussi je suis à l'œuvre ». Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n'est pas
encore achevée. Dieu travaille ! C'est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une
expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l'homme participant à l'œuvre
créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole,
constitue le monachisme, le développement de l'Europe, son ethos et sa conception du monde sont
impensables. L'originalité de cet ethos devrait cependant faire comprendre que le travail et la
détermination de l'histoire par l'homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur
mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l'homme s'élève lui-même au rang de créateur
déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.
Nous sommes partis de l'observation que, dans l'effondrement de l'ordre ancien et des antiques
certitudes, l'attitude de fond des moines était le quaerere Deum - se mettre à la recherche de Dieu.
C'est là, pourrions-nous dire, l'attitude vraiment philosophique : regarder au-delà des réalités
pénultièmes et se mettre à la recherche des réalités ultimes qui sont vraies. Celui qui devenait moine,
s'engageait sur un chemin élevé et long, il était néanmoins déjà en possession de la direction : la
Parole de la Bible dans laquelle il écoutait Dieu parler. Dès lors, il devait s'efforcer de Le comprendre
pour pouvoir aller à Lui. Ainsi, le cheminement des moines, tout en restant impossible à évaluer dans
sa progression, s'effectuait au cœur de la Parole reçue. La quête des moines comprend déjà en soi,
dans une certaine mesure, sa résolution. Pour que cette recherche soit possible, il est nécessaire qu'il
existe dans un premier temps un mouvement intérieur qui suscite non seulement la volonté de
chercher, mais qui rende aussi crédible le fait que dans cette Parole se trouve un chemin de vie, un
chemin de vie sur lequel Dieu va à la rencontre de l'homme pour lui permettre de venir à Sa rencontre.
En d'autres termes, l'annonce de la Parole est nécessaire. Elle s'adresse à l'homme et forge en lui
une conviction qui peut devenir vie. Afin que s'ouvre un chemin au cœur de la parole biblique en tant
que Parole de Dieu, cette même Parole doit d'abord être annoncée ouvertement. L'expression
classique de la nécessité pour la foi chrétienne de se rendre communicable aux autres se résume
dans une phrase de la Première Lettre de Pierre, que la théologie médiévale regardait comme le
fondement biblique du travail des théologiens : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer
devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte (logos) de l'espérance qui est en vous » (3,
15). (Logos doit devenir apo-logie, la Parole doit devenir réponse). De fait, les chrétiens de l'Église
naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à
augmenter l'importance de leur groupe, mais comme une nécessité intrinsèque qui dérivait de la
nature de leur foi. Le Dieu en qui ils croyaient était le Dieu de tous, le Dieu Un et Vrai qui s'était fait
connaître au cours de l'histoire d'Israël et, finalement, à travers son Fils, apportant ainsi la réponse qui
concernait tous les hommes et, qu'au plus profond d'eux-mêmes, tous attendent. L'universalité de
Dieu et l'universalité de la raison ouverte à Lui constituaient pour eux la motivation et, à la fois, le
devoir de l'annonce. Pour eux, la foi ne dépendait pas des habitudes culturelles, qui sont diverses
selon les peuples, mais relevait du domaine de la vérité qui concerne, de manière égale, tous les
hommes.
Le schéma fondamental de l'annonce chrétienne ad extra - aux hommes qui, par leurs
questionnements, sont en recherche - se dessine dans le discours de saint Paul à l'Aréopage.
N'oublions pas qu'à cette époque, l'Aréopage n'était pas une sorte d'académie où les esprits les plus
savants se rencontraient pour discuter sur les sujets les plus élevés, mais un tribunal qui était
compétent en matière de religion et qui devait s'opposer à l'intrusion de religions étrangères. C'est
précisément ce dont on accuse Paul : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » (Ac 17, 18). Ce
à quoi Paul réplique : « J'ai trouvé chez vous un autel portant cette inscription : "Au dieu inconnu". Or,
ce que vous vénérez sans le connaître, je viens vous l'annoncer » (cf. 17, 23). Paul n'annonce pas
des dieux inconnus. Il annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l'Inconnu-
Connu. C'est Celui qu'ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant
l'Inconnu et l'Inconnaissable. Au plus profond, la pensée et le sentiment humains savent de quelque
manière que Dieu doit exister et qu'à l'origine de toutes choses, il doit y avoir non pas l'irrationalité,
mais la Raison créatrice, non pas le hasard aveugle, mais la liberté. Toutefois, bien que tous les
hommes le sachent d'une certaine façon - comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21)
- cette connaissance demeure ambigüe : un Dieu seulement pensé et élaboré par l'esprit humain n'est
pas le vrai Dieu. Si Lui ne se montre pas, quoi que nous fassions, nous ne parvenons pas pleinement
jusqu'à Lui. La nouveauté de l'annonce chrétienne c'est la possibilité de dire maintenant à tous les
peuples : Il s'est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La
nouveauté de l'annonce chrétienne réside en un fait : Dieu s'est révélé. Ce n'est pas un fait nu mais
un fait qui, lui-même, est Logos - présence de la Raison éternelle dans notre chair. Verbum caro
factum est (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le Logos est là, le Logos est
présent au milieu de nous. C'est un fait rationnel. Cependant, l'humilité de la raison sera toujours
nécessaire pour pouvoir l'accueillir. Il faut l'humilité de l'homme pour répondre à l'humilité de Dieu.
Sous de nombreux aspects, la situation actuelle est différente de celle que Paul a rencontrée à
Athènes, mais, tout en étant différente, elle est aussi, en de nombreux points, très analogue. Nos
villes ne sont plus remplies d'autels et d'images représentant de multiples divinités. Pour beaucoup,
Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. Malgré tout, comme jadis où derrière les nombreuses
représentations des dieux était cachée et présente la question du Dieu inconnu, de même,
aujourd'hui, l'actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne.
Quaerere Deum - chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n'est pas moins nécessaire
aujourd'hui que par le passé. Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine
subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le
renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l'humanisme, dont les
conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l'Europe, la recherche de
Dieu et la disponibilité à L'écouter, demeure aujourd'hui encore le fondement de toute culture
véritable.

Merci beaucoup.

dimanche, 14 septembre 2008

Benoît XVI à Paris : Homélie aux Invalides

Texte intégral

 

ROME, Samedi 13 septembre 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée lors de la messe qu'il a présidée, ce dimanche matin, sur l'esplanade des Invalides, à Paris.

*   *   *

Monsieur le Cardinal Vingt-Trois,

Messieurs les Cardinaux et Chers Frères dans l'Épiscopat,

Frères et soeurs dans le Christ,

Jésus-Christ nous rassemble en cet admirable lieu, au coeur de Paris, en ce jour où l'Église universelle fête saint Jean Chrysostome, l'un de ses plus grands Docteurs qui par son témoignage de vie et son enseignement, a montré efficacement aux chrétiens la route à suivre. Je salue avec joie toutes les Autorités qui m'ont accueilli en cette noble cité, tout spécialement le Cardinal André Vingt-Trois, que je remercie pour ses aimables paroles. Je salue aussi tous les Évêques, les Prêtres, les Diacres qui m'entourent pour la célébration du sacrifice du Christ. Je remercie toutes les Personnalités, en particulier Monsieur le Premier Ministre, qui ont tenu à être présentes ici ce matin ; je les assure de ma prière fervente pour l'accomplissement de leur haute mission au service de leurs concitoyens.

La première Lettre de saint Paul, adressée aux Corinthiens, nous fait découvrir, en cette année paulinienne qui s'est ouverte le 28 juin dernier, à quel point les conseils donnés par l'Apôtre restent d'actualité. « Fuyez le culte des idoles » (1Co 10, 14), écrit-il à une communauté très marquée par le paganisme et partagée entre l'adhésion à la nouveauté de 'Évangile et l'observance de vieilles pratiques héritées de ses ancêtres. Fuir les idoles, cela voulait dire alors, cesser d'honorer les divinités de l'Olympe et de leur offrir des sacrifices sanglants. Fuir les idoles, c'était se mettre à l'école des prophètes de l'Ancien Testament qui dénonçaient la tendance humaine à se forger de fausses représentations de Dieu. Comme le dit le Psaume 113 à propos des statues des idoles, elles ne sont qu' « or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas » (4-5). Hormis le peuple d'Israël, qui avait reçu la révélation du Dieu unique, le monde antique était asservi au culte des idoles. Très présentes à Corinthe, les erreurs du paganisme devaient être dénoncées, car elles constituaient une puissante aliénation et détournaient l'homme de sa véritable destinée. Elles l'empêchaient de reconnaître que le Christ est le seul et le vrai Sauveur, le seul qui indique à l'homme le chemin vers Dieu.

Cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd'hui. Le monde contemporain ne s'est-il pas créé ses propres idoles ? N'a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l'Antiquité, en détournant l'homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? C'est là une question que tout homme, honnête avec lui-même, ne peut que se poser. Qu'est-ce qui est important dans ma vie ? Qu'est-ce que je mets à la première place ? Le mot « idole » vient du grec et signifie « image », « figure », « représentation », mais aussi « spectre », « fantôme », « vaine apparence ». L'idole est un leurre, car elle détourne son serviteur de la réalité pour le cantonner dans le royaume des apparences. Or n'est-ce pas une tentation propre à notre époque, la seule sur laquelle nous puissions agir efficacement ? Tentation d'idolâtrer un passé qui n'existe plus, en oubliant ses carences, tentation d'idolâtrer un avenir qui n'existe pas encore, en croyant que, par ses seules forces, l'homme réalisera le bonheur éternel sur la terre ! Saint Paul explique aux Colossiens que la cupidité insatiable est une idolâtrie (Cf. 3,5) et il rappelle à son disciple Timothée que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux. Pour s'y être livrés, précise-t-il, « certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligés à eux-mêmes des tourments sans nombre » (1 Tm 6, 10). L'argent, la soif de l'avoir, du pouvoir et même du savoir n'ont-ils pas détourné l'homme de sa Fin véritable, de sa propre Vérité ?

Chers frères et soeurs, la question que nous pose la liturgie de ce jour trouve sa réponse dans cette même liturgie, que nous avons héritée de nos Pères dans la foi, et notamment de saint Paul lui-même (Cf. 1 Co 11, 23). Dans son commentaire de ce texte, saint Jean Chrysostome fait remarquer que saint Paul condamne sévèrement l'idolâtrie, qui est une « faute grave », un « scandale », une véritable « peste » (Homélie 24 sur la première Lettre aux Corinthiens, 1). Immédiatement, il ajoute que cette condamnation radicale de l'idolâtrie n'est en aucun cas une condamnation de la personne de l'idolâtre. Jamais, dans nos jugements, nous ne devons confondre le péché qui est inacceptable, et le pécheur dont nous ne pouvons pas juger l'état de la conscience et qui, de toute façon, est toujours susceptible de conversion et de pardon. Saint Paul en appelle à la raison de ses lecteurs : « Je vous parle comme à des gens réfléchis : jugez vous-mêmes de ce que je dis » (1 Co 10, 15). Jamais Dieu ne demande à l'homme de faire le sacrifice de sa raison ! Jamais la raison n'entre en contradiction réelle avec la foi ! L'unique Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, a créé notre raison et nous donne la foi, en proposant à notre liberté de la recevoir comme un don précieux. C'est le culte des idoles qui détourne l'homme de cette perspective, et la raison elle-même peut se forger des idoles. Demandons donc à Dieu qui nous voit et nous entend, de nous aider à nous purifier de toutes nos idoles, pour accéder à la vérité de notre être, pour accéder à la vérité de son être infini !

Mais comment parvenir à Dieu ? Comment parvenir à trouver ou retrouver Celui que l'homme cherche au plus profond de lui-même, tout en l'oubliant si souvent ? Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Or, que nous dit la foi ? Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ; la coupe d'action de grâce que nous bénissons est communion au Sang du Christ. Révélation extraordinaire, qui nous vient du Christ et qui nous est transmise par les Apôtres et par toute l'Église depuis deux millénaires : le Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie au soir du Jeudi Saint. Il a voulu que son sacrifice soit de nouveau présenté, de manière non sanglante, chaque fois qu'un prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Des millions de fois, depuis deux mille ans, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus grandiose des basiliques ou des cathédrales, le Seigneur ressuscité s'est donné à son peuple, devenant ainsi, selon la formule de saint Augustin, « plus intime à nous-mêmes que nous mêmes» (cf. Confessions III, 6. 11).

Frères et soeurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Église et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur ! Par nos paroles, nos silences et nos gestes, n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie ! Comme le dit magnifiquement saint Jean Chrysostome lui-même : « Passons en revue les ineffables bienfaits de Dieu et tous les biens dont il nous fait jouir, lorsque nous lui offrons cette coupe, lorsque nous communions, lui rendant grâce d'avoir délivré le genre humain de l'erreur, d'avoir rapproché de lui ceux qui en étaient éloignés, d'avoir fait, des désespérés, et des athées de ce monde, un peuple de frères, de cohéritiers du Fils de Dieu » (Homélie 24 sur la Première Lettre aux Corinthiens, 1). En effet, poursuit-il, « ce qui est dans la coupe, c'est précisément ce qui a coulé de son côté, et c'est à cela que nous participons » (ibid.). Il n'y a pas seulement participation et partage, il y a « union », dit-il.

La Messe est le sacrifice d'action de grâce par excellence, celui qui nous permet d'unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur, le Fils éternel du Père. En elle-même, la Messe nous invite aussi à fuir les idoles, car, saint Paul insiste, « vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais » (1 Co 10, 21). La Messe nous invite à discerner ce qui, en nous, obéit à l'Esprit de Dieu et ce qui, en nous, reste à l'écoute de l'esprit du mal. Dans la Messe, nous ne voulons appartenir qu'au Christ et nous reprenons avec gratitude le cri du psalmiste : « Comment rendraije au Seigneur tout le bien qu'Il m'a fait ? » (Ps 115, 12). Oui, comment rendre grâce au Seigneur pour la vie qu'Il nous a donnée ? Là encore, la réponse à la question du psalmiste se trouve dans le psaume lui-même, car la Parole de Dieu répond miséricordieusement elle-même aux questions qu'elle pose. Comment rendre grâce au Seigneur pour tout le bien qu'il nous fait sinon en se conformant à ses propres paroles : « J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur » (Ps 115, 13) ?

Élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n'est-ce pas précisément le meilleur moyen de « fuir les idoles », comme nous le demande saint Paul ? Chaque fois qu'une Messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Église, c'est l'oeuvre de notre salut qui s'accomplit. Célébrer l'Eucharistie signifie reconnaître que Dieu seul est en mesure de nous offrir le bonheur en plénitude, de nous enseigner les vraies valeurs, les valeurs éternelles qui ne connaîtront jamais de couchant. Dieu est présent sur l'autel, mais il est aussi présent sur l'autel de notre coeur lorsque, en communiant, nous le recevons dans le Sacrement eucharistique. Lui seul nous apprend à fuir les idoles, mirages de la pensée.

Or, chers frères et soeurs, qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre ordonné dans ce but par l'Évêque ? Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d'autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n'ayez pas peur ! N'ayez pas peur de donner votre vie au Christ ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au coeur de l'Église ! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m'écoutez, ne laissez pas l'appel du Christ sans réponse. Saint Jean Chrysostome, dans son Traité sur le sacerdoce, a montré combien la réponse de l'homme pouvait être lente à venir, cependant il est l'exemple vivant de l'action de Dieu au coeur d'une liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce.

Enfin, si nous reprenons les Paroles que le Christ nous a laissées dans son Évangile, nous verrons qu'Il nous a lui-même appris à fuir l'idolâtrie, en nous invitant à bâtir notre maison « sur le roc » (Lc 6, 48). Qui est ce roc, sinon Lui-même ? Nos pensées, nos paroles et nos actions n'acquièrent leur véritable dimension que si nous les référons au message de l'Évangile. « Ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du coeur » (Lc 6, 45). Lorsque nous parlons, cherchons-nous le bien de notre interlocuteur ? Lorsque nous pensons, cherchons-nous à mettre notre pensée en accord avec la pensée de Dieu ?

Lorsque nous agissons, cherchons-nous à répandre l'Amour qui nous fait vivre? Saint Jean Chrysostome dit encore : «maintenant, si nous participons tous au même pain, et si tous nous devenons cette même substance, pourquoi ne montrons-nous pas la même charité ? Pourquoi, pour la même raison, ne devenons-nous pas un même tout unique ? ... ô homme, c'est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi ; et toi, tu ne veux pas t'unir à ton frère ? » (Homélie 24 sur la Première Lettre aux Corinthiens, 2).

L'espérance demeurera toujours la plus forte ! L'Église, bâtie sur le roc du Christ, possède les promesses de la vie éternelle, non parce que ses membres seraient plus saints que tous les autres hommes, mais parce que le Christ a fait cette promesse à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle. » (Mt 16, 18). Dans cette espérance indéfectible de la présence éternelle de Dieu à chacune de nos âmes, dans cette joie de savoir que le Christ est avec nous jusqu'à la fin des temps, dans cette force que l'Esprit donne à tous ceux et à toutes celles qui acceptent de se laisser saisir par lui, je vous confie, chers chrétiens de Paris et de France, à l'action puissante et miséricordieuse du Dieu d'amour qui est mort pour nous sur la Croix et ressuscité victorieusement au matin de Pâques. À tous les hommes de bonne volonté qui m'écoutent, je redis comme saint Paul : Fuyez le culte des idoles, ne vous lassez pas de faire le bien !

Que Dieu notre Père vous conduise à Lui et fasse briller sur vous la splendeur de sa gloire ! Que le Fils unique de Dieu, notre Maître et notre Frère, vous révèle la beauté de son visage de Ressuscité ! Que l'Esprit Saint vous comble de ses dons et vous donne la joie de connaître la paix et la lumière de la Très Sainte Trinité, maintenant et dans les siècles des siècles !

Amen !

© Copyright : Librairie Editrice du Vatican

mardi, 22 juillet 2008

La pertinence de la foi selon Tony Blair

Je fréquentais alors un petit groupe d'étudiants très peu conventionnels. Il y avait notamment Peter Thomson, un étudiant australien en théologie, prêtre anglican, un peu plus âgé que nous, charismatique, drôle, percutant ; Geoff Gallop, un autre Australien, qui deviendra plus tard premier ministre de l'Australie de l'Ouest ; un Ougandais, un Indien... Des jeunes gens profonds, joyeux, de provenances ethniques et religieuses variées, avec qui j'avais des discussions nocturnes passionnées sur la nature de l'homme, l'organisation de la société, le destin, la responsabilité, l'engagement, la religion.

On voulait changer le monde, bien sûr ! Et le concept de "communauté" m'apparaissait essentiel. Je pensais profondément qu'on ne devait pas se contenter de vivre pour soi-même, mais qu'il fallait le faire pour et à travers les autres. Que la réalisation individuelle reposait sur le partenariat et la solidarité avec les autres. Qu'une société n'avait de cohésion que si l'on acceptait l'autre comme une part de soi-même. Le pont entre la religion et la politique était pour moi évident. A l'époque, les années 1970, ce type de réflexion n'était pas dans le vent qui voulait qu'on soit radical, voire révolutionnaire. Je n'ai pas suivi le cursus classique. Ce qui ne m'empêchait pas de jouer de la guitare dans un groupe de rock.

Je voulais mieux connaître les religions et j'ai pris des cours d'instruction religieuse auprès de l'aumônier du collège, avant d'être officiellement reçu dans l'Eglise d'Angleterre à la chapelle de Saint John. Cette cérémonie de confirmation se fait normalement à un très jeune âge, mais j'y tenais, et mes proches, notamment mes copains rockers, ont été soufflés que je lui accorde de l'importance alors que j'avais déjà 20 ans. C'était un vrai choix. Et la religion devenait le canevas sur lequel se fondait ma pensée politique.

Cherie, elle, venait d'une famille très catholique et s'était tôt engagée dans des mouvements de jeunes chrétiens. Elle n'a pas tort de dire aujourd'hui que c'est notre foi commune ainsi que nos multiples discussions sur Dieu qui nous ont réunis. D'autant que nous partagions l'idée que la foi n'entravait pas, loin s'en faut, la vie des jeunes gens modernes et n'avait rien à voir avec l'ennui ou le puritanisme ! Il était donc naturel que nous élevions nos enfants dans la religion - Cherie souhaitait que ce soit dans le catholicisme - et que la messe du dimanche soit une affaire de famille.

C'est en arrivant à Oxford, dans les années 1970, que j'ai redécouvert la foi. Je n'étais guère religieux auparavant. Mon père était athée. Et s'il arrivait à ma mère de nous emmener le dimanche à l'église, je n'ai pas reçu de véritable éducation religieuse. Disons le minimum. La Chorister School, que j'ai fréquentée dès l'âge de 8 ans, était adossée à la cathédrale de Durham et les élèves se rendaient aux offices, mais c'était loin d'être un élément essentiel de ma vie. Il a donc fallu que j'attende d'être étudiant au Saint John's College pour que s'éveille un fort attrait pour la religion, en même temps d'ailleurs que pour la politique. Un intérêt qui n'a cessé de croître, y compris lorsque je suis devenu premier ministre.

Si j'ai choisi, il y a quelques mois, de devenir à mon tour catholique, ce n'est pas une marque de défiance à l'égard de l'Eglise d'Angleterre, mais pour partager, très naturellement, la religion de ma famille. J'ai attendu d'avoir quitté le gouvernement. Je n'ose imaginer le vacarme inutile que ce geste aurait suscité si je l'avais fait en étant à Downing Street ! Pour un leader politique britannique, parler de sa foi est toujours suspect, et même très mal vu. Dans mon cas personnel en tout cas, j'ai trouvé cela difficile. Et cela me révolte. Ce n'est tout de même pas quelque chose dont on devrait avoir honte ! C'est un pôle essentiel de notre vie et l'on devrait pouvoir en parler simplement sans que cela soit jugé ridicule ou réactionnaire, et sans donner l'impression de remettre en question les fondements d'un Etat laïque. Cela fournirait d'ailleurs aux électeurs des clés pour mieux comprendre le caractère et la motivation de leurs leaders.

Comment imaginer en effet que leur foi n'affecte pas leur action politique ? C'est impossible ! Ma foi est le point d'ancrage de mes convictions, elle fonde les valeurs auxquelles je me réfère, elle forge ma vision de l'humanité. Mon engagement pour l'Afrique ou mes positions sur le problème du changement de climat en sont clairement le reflet.

En revanche, qu'on n'essaie pas de décrypter l'ensemble de mes décisions quotidiennes par le prisme de la religion ! Ce serait absurde. Je n'interrogeais pas Dieu en permanence ! Ma défense résolue de la recherche sur les cellules souches témoigne de ma liberté. J'essayais de me fier simplement à ce que je croyais juste, progressiste et responsable. Comme ce fut le cas pour notre engagement dans la guerre en Afghanistan et en Irak. Prétendre que la complicité sur ces dossiers avec George Bush s'est nouée sur le terrain du religieux serait grotesque. Venant de cultures et d'horizons très différents, nous partagions simplement la même analyse des menaces pesant sur le monde de l'après-11-Septembre et la même volonté de régler les problèmes. Rien à voir avec une quelconque "croisade" ! S'attaquer à Al-Qaida n'est pas faire la guerre à l'islam.

Je n'ai d'ailleurs pas attendu le 11 septembre 2001 et la peur soudaine d'un clash de civilisations entre chrétiens et musulmans pour lire le Coran. Encore moins pour prendre conscience de l'importance cruciale de la question religieuse. La pensée des Lumières a voulu nous faire croire que le progrès irrésistible de l'humanité était synonyme d'extinction des religions, dont nous n'aurions plus besoin ; que Dieu était condamné. Quelle erreur ! Une étude récente Gallup montre qu'à la question : "La religion est-elle importante dans votre vie", 90 % à 96 % des interrogés dans les pays musulmans répondent "oui". Ce taux tourne autour de 70 % aux Etats-Unis, de 36 % au Royaume-Uni, ce qui demeure très élevé. Comment ignorer cet élément fondamental dans la vie de milliards de gens ?

Alors je fais un rêve. Je rêve que l'on réalise que, loin d'être une relique de l'histoire, la foi peut jouer un rôle salvateur dans un monde chaque jour plus interdépendant. Je rêve que la religion humanise, donne du sens, des valeurs, une dimension spirituelle à une globalisation chaotique qui fait perdre aux peuples leurs identités et repères. Je rêve qu'au lieu de se craindre, de se défier, de se combattre, les croyants des diverses religions apprennent à dialoguer, se respecter et travailler ensemble pour le bien commun. Qu'ils tournent le dos à l'extrémisme et à l'obscurantisme, qui va jusqu'à nier la science, pour mieux retrouver leurs racines et valeurs communes - respect, justice, compassion -, et qu'ils transforment la foi en force de progrès.

Le monde change à une vitesse phénoménale. La globalisation n'est pas seulement économique, politique, idéologique ; elle entraîne aussi des migrations massives, déplace vers l'Asie le centre de gravité de la planète, embarque dans un même mouvement sismique peuples, cultures, nations, sans la moindre boussole. De ce monde tourneboulé peuvent naître conflits et divisions catastrophiques. Mais je mise sur la foi, convaincu qu'elle peut servir de guide, de fédérateur et de moteur pour le futur.

La Tony Blair Faith Foundation, que je viens de lancer, n'aura de cesse de favoriser la rencontre des six grandes religions et de les inciter à résoudre ensemble des problèmes plutôt qu'à en créer. S'attaquer au fléau de la malaria qui tue chaque année un million de personnes peut être un formidable exemple de travail en commun. Vous imaginez l'efficacité d'une chaîne constituée par les mosquées, temples, églises, éparpillés dans les coins les plus reculés d'Afrique, pour distribuer les moustiquaires prophylactiques qui épargneraient tant de morts ? Ce serait la foi en action !

Nous allons provoquer le dialogue, la connaissance et la reconnaissance des religions entre elles. Et je donnerai moi-même des cours à l'université Yale pour sensibiliser les futurs acteurs économiques et politiques de la globalisation à la question religieuse. On ne peut pas prétendre gouverner le monde sans comprendre ce qui touche profondément les peuples et correspond à leur irrépressible aspiration à une spiritualité.

Le XXe siècle fut celui des idéologies erratiques. Je rêve que le XXIe soit celui de la coexistence pacifique des religions et d'une reconnaissance de la pertinence et de la modernité de la foi. C'est une tâche à laquelle je me consacrerai jusqu'à la fin de ma vie.

Tony Blair, ancien 1er Ministre britannique

Article paru dans l'édition du MONDE DU 22.07.08. 

 

lundi, 07 juillet 2008

Enfance et Sainteté : les adultes renouent avec l'éducation chrétienne

Les objectifs de l'Association ENFANCE et SAINTETE encouragée par le Pape Benoît XVI :

 

Cette association a pour objet et activité principale de promouvoir la sainteté des enfants sous toutes ses formes et par tous les moyens
   

1. à cet effet, l'Association se propose d'organiser un ou plusieurs colloques pour diffuser et mettre en œuvre cet idéal.

2. L'Association se propose aussi d'aider à unifier les efforts - dans le respect de leur spécificité - des autres associations et œuvres de toutes sortes qui, d'une manière ou d'une autre, travaillent à la sainteté des enfants.

3. Prenant Anne de Guigné (1911-1922) pour modèle et se plaçant sous son patronage, l'Association souhaite enfin se référer à tous les chrétiens - quel que soit l'âge de leur mort - dont l'enfance a été marquée par la sainteté, et faire connaître leurs mérites - spécialement en soutenant ce qui promeut leur cause de canonisation.

mardi, 17 juin 2008

Emmanuel DELMAS, futur évêque s'adresse à ses diocèsains d'Angers

 

L’ordination épiscopale,


présidée par son Excellence

Mgr d’ORNELLAS,

aura lieu le

dimanche 28 septembre

à 15h


en la cathédrale d’Angers.

   
 
Message aux catholiques du diocèse d'Angers.

A l'heure de l'annonce officielle de ma nomination d'évêque d'Angers, je veux exprimer ma joie de servir ce beau diocèse qui devient désormais mon diocèse. Et j'en suis très fier.

Je mettrai le meilleur de moi-même pour apprendre à le connaître et entrer dans son histoire. Je pense tout spécialement à cette page récente que vous venez d'écrire lors du synode qui s'est clôturé il y a quelques mois. Je veux vous dire que j'ai pu prendre connaissance de la charte synodale que Monseigneur Bruguès a promulguée en la solennité de la Toussaint 2007. C'est une chance pour un nouvel évêque que d'arriver dans un diocèse « en marche ». Je ferai de mon mieux pour mettre en œuvre, en communion avec vous, chacun des principes de la charte et pour me réjouir des fruits que veut nous offrir l'Esprit Saint qui accompagne depuis le début cet événement auquel vous avez participé.

Entrer dans l'histoire d'un diocèse, c'est aussi communier à ses épreuves. Et je veux aujourd'hui m'unir dans la prière à la peine de l'Eglise qui vient de perdre l'un de ses jeunes prêtres : le Père Antoine Dubois. C'est à sa famille que je pense tout particulièrement. Je crois important pour moi de découvrir ce que fut l'apostolat de ce jeune frère dans le sacerdoce et d'être le témoin de la fécondité de son ministère.

Qu'il me soit permis de vous dire quelques mots sur les sentiments qui m'habitent ces jours-ci. Je veux que vous sachiez que je viens vers vous avec une très grande confiance. Je sais que je serai très bien accueilli et je veux vous dire dès aujourd'hui un grand Merci. Je viens avec une grande confiance parce que je crois que c'est le Seigneur qui m'envoie vers vous. J'ai voulu méditer, lorsque j'ai appris la nouvelle de ma nomination, les grands récits de vocation dans la Bible. Et je me suis senti plus fort en « revêtant » cette simplicité et cette confiance qui habitaient la vie de ces envoyés de Dieu.

Vous m'apprendrez à devenir votre évêque tant je suis persuadé que ce sont ceux vers qui nous sommes envoyés qui révèlent en chacun de nous la vie de Dieu que nous avons reçue.

Dès la semaine prochaine je viendrai à Angers pour rencontrer les prêtres, prier avec eux dans la cathédrale Saint Maurice. En juillet est organisé un pèlerinage pour les jeunes à Lourdes et je compte aller à leur rencontre. De même, j'espère pouvoir faire connaissance avec les jeunes qui se rassembleront à Pontmain au moment des J.M.J.

Le diocèse de Cahors dont je suis originaire a reçu comme évêque, voilà quarante ans, Monseigneur André Bréheret, originaire d'Angers. Nombreux sont les prêtres qui l'ont connu.Je tiens à évoquer son souvenir avec beaucoup de reconnaissance.

Je vous dis ma joie de venir à votre rencontre, de devenir l'un des vôtres.

J'appelle la bénédiction de Dieu sur cette belle Eglise d'Anjou.

Emmanuel Delmas

Diocèse d'Angers : bienvenue à Emmanuel DELMAS nouvel evêque

Le pape Benoît XVI a nommé Mgr Emmanuel Delmas évêque d'Angers (Maine-et-Loire), son prédécesseur Mgr Jean-Louis Bruguès ayant été nommé secrétaire de la Congrégation catholique, annonce mardi la Conférence des évêques de France. Mgr Delmas était jusqu'ici vicaire général du diocèse de Cahors (Lot).

Né le 28 décembre 1954 à Figeac (Lot), celui qui est devenu docteur en médecine, après sept années d'études à Limoges (1972-1979), est entré au Grand séminaire Saint-Cyprien à Toulouse en 1982. De 1987 à 1989, il a poursuivi sa formation à l'Institut catholique de Toulouse et décroché une maîtrise en théologie.

Emmanuel Delmas a été ordonné prêtre le 26 juin 1988 à Cahors, et a été vicaire paroissial à Gramat (Lot) de 1988 à 1993, puis chapelain puis recteur au sanctuaire Notre-Dame de Rocamadour (1993-2005). Il a également été délégué épiscopal pour les séminaristes du diocèse de Cahors et responsable de la formation permanente des jeunes prêtres de la province de Toulouse.

Depuis 2006, il était vicaire général et administrateur paroissial de Gramat, puis curé de Gramat à partir d'octobre 2007.

Nous lui souhaitons la bienvenue dans l'Ouest et particulièrement à Angers qui abrite une CATHO (Université Catholique de l'Ouest) 

 

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